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 We are so fucked up, you & I. Pv. Sebastian

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Mardy Bum !


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MessageSujet: We are so fucked up, you & I. Pv. Sebastian   Mer 20 Fév - 5:05


We are so fucked up, you & I.


(verlaine) ▽ La morale la meilleure, En ce monde où les plus fous Sont les plus sages de tous, C'est encore d'oublier l'heure.
« Putain Mardy, prend un appartement. » Ouais. Je devais. Mais avec mon boulot tout neuf de putes sur talons aiguilles autrement dit serveuse au bar du manoir, je ne pouvais pas vraiment m'offrir un appartement. Alors évidemment, ça tombe du ciel, les petites annonces, les brochures, etc. Un gars voulait un colocataire pour un loft. J'avais l'habitude des lofts, je l'ai appelé. On s'est donné rendez-vous dans son loft. Je n'avais pas eu beaucoup de précisions. J'entrais dans le loft après avoir sonné. « Bonjour. Je suis la fille de l'autre jour... » J'avais finis ma phrase mais ça m'a semblé bon de continuer au cas où il penserait des choses tendancieuses. « Au téléphone. Je viens pour l'annonce. » Finalement je m'en foutais pas mal du loft. Je venais pour voir si je pouvais m'entendre avec lui. Il avait l'air réglo. Mais ça encore, on ne le voyait jamais au premier coup d’œil. La première impression fut la bonne. En plus il était au lycée en terminal. Je n'étais qu'en première à cause de mon redoublement mais ça avait toujours du bon, d'avoir des amis. Parce qu'on m'appréciait que moyennement en première. J'avais déjà plus d'amis dans les classes supérieures. Séduisant, le garçon me semblait mutique. Froid, mystérieux... Pas très aimable. Il était charismatique, tout ce que je voulais en fait. J'ai tout de suite apprécié. Je suis conne ? J'aime simplement pas l'hypocrisie, les gens aimable pour de faux, les hystériques et ceux qui parlent trop.

~


Mon pull trop grand laissait mes épaules à nu. Une main dessina le contour de ma clavicule et je sentis sans les voir des lèvres se poser sur mon omoplate. En fronçant les sourcils, d'un haussement d'épaule je rompais le contact. Les yeux à moitié clos, je m'éloignais. Un homme me bouscula, je ne savais pas qui il était. D'ailleurs je ne savais plus grand chose. Je levais ma main pour ne pas brûler une robe avec ma cigarette. Moi même j'avais mis un short. J'avais enlevé mes doc Martens pour mettre que ce que les femmes appellent « des talons aiguilles ». On aurait dû appeler ça des « attrape mecs » avec une étiquette « douleur garantie » dessus. Je titubais, un autre gars que je ne connaissais pas me rattrape. Il devait être gay parce qu'une fois que j'ai retrouvé mon équilibre, il m'a sourit et il est parti (Mardy:1 – Narcissisme :0).

C'était une fête comme les autres. J'avais fait l'effort de mettre de belles pompes mais rien de plus. Je ne travaillais pas ce soir alors j'y suis allée sans grand enthousiasme. Je ne connaissais même pas vraiment la personne qui avait organisée la fête. Actuellement, je ne pouvais même plus dire son prénom.

J'atteignais le coin de la pièce. Je n'avais pas envie de vomir. Tout était encore assez clair dans ma tête, mon temps de réaction n'était simplement plus le même. L'homme qui avait ses lèvres posées sur ma peau il y a un instant s'approcha de moi. Je l'évitais du regard comme pour dire « Va t-en connard. » Il posa un bras contre le mur, et m'attrapa par la hanche. Il m'embrassa dans le cou. Je ne fis rien. Il y a quelques mois, j'aurais fait semblant d'apprécier. J'ai appris à repousser. Mais l'homme ne semblait pas vouloir partir. Je le poussais de plus en plus fort, mais il me tenait avec insistance. Disons que j'ai pris panique. J'aurais pas dû lui brûler la langue. Mais il n'avait pas à la foutre dans ma bouche. Je le poussais sur le côté avec dégoût et je m'éloignais de lui sans trop savoir où me diriger dans la pièce. Décidément cette fête n'était pas mienne. Je reconnu de loin, malgré la dose non négligeable d'alcool dans le sang, une personne que je connaissais. Je me dirigeais vers lui à grand pas. A l'instant où je marchais, j'avais envie de ne voir plus que lui. Ça me rassurait. Je me sentirais un peu plus en sécurité. Bien que je n'étais pas en danger, tout était dans la tête, c'est psychologique ces choses là. Je lui attrapais la main en tendant le bras pour l'atteindre au dessus des autres. Au contact de notre peau, je ressentis une joute violente mais je ne le lâchais pas. Et je le tirais en marchant vers la sortie. « Aller Seb, on s'en va, on se fait chier. » Je tirais avec insistance. Je voulais partir et je voulais qu'il parte avec moi. Caprice, c'est comme ça, pas autrement.

Je descendis les escaliers en faisant claquer mes talons, sans me retourner vers le garçon à qui je tenais toujours la main. Dans la cage il y avait des amants qui étaient déjà à moitié à poil bien qu'ils ne soient pas venu ce soir avec un grand nombre de vêtements. Je ne m'attardais pas dessus. Je serrais assez fort la main de Sebastian. Je la lâchais une fois dehors, inspirant une bouffée de mort lente. Une de plus. Je me retournais vers lui et lui sourit. J'avais encore la sensation désagréable de l'emprise du harceleur sexuel bourré sur moi. J'en avais presque mal au cœur. « On rentre ? » Ce n'était pas vraiment une question. Déjà je me mis en marche vers le loft.. Quelle ironie. Je n'aimais pas trop les loft. Ça me rappelais Wyatt, déjà. Je sortis une cigarette de mon paquet et j'en filais une à Seb. Je l'allumais en m'arrêtant puis je lui lançais le briquet. Avant qu'il n'ai eu le temps de faire quoique ce soit de ces flammes portatives, je pris son bras pour m'appuyer et j'enlevais mes chaussures. Je continuerais le chemin à pied, tant pis. Je pris mes talons dans la main droite et je regardais les étoiles quelques secondes. Il devait faire froid, sans doute. Je m'en foutais à vrai dire. « T'as passé une bonne soirée ? » Je rompais enfin le silence. Comme ça, pour rire. « L'enfer, ce lieu Ne me parlant plus de Dieu ? » (Verlaine)
(c) AMIANTE


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MessageSujet: Re: We are so fucked up, you & I. Pv. Sebastian   Sam 23 Fév - 3:22


† Come with me, you're better than people.

Des légères vibrations, un bruit désagréable, un éclair lumineux. Je ferme plus fortement mes yeux, dérangé, irrité. Je me retourne sachant très bien de quoi il s'agissait je bloquais toute motivation. Quand enfin le silence revient je calme mes mouvements. Me laissant las, là et la tête dans le brouillard. Cruauté. Le sommeil s'enfuit vite. J'attrape mon téléphone qui vibrait il y a quelques secondes de ça, un message qui m'avait extirpé de mon pseudo endormissement. L'enflure. J'avais passé la journée à rien faire, et étrangement, j'avais été plus fatigué le soir qu'un tout autre jour. J'avais dormi, longtemps, puis j'avais fais des allers-retours entre ce monde et celui de Morphée. Malheureusement, j'étais toujours assez pitoyable à voir. Je lisais le message, le fameux. « Fait des rencontres. Vite. » qu'il disait. Un expéditeur inconnu qui aura, une nouvelle fois changé de numéro après l'envoi du message. Je savais que mes faits et gestes étaient surveillés, je savais qu'on se demandait bien quand j'allais débuter le remplissage de ma mission. A vrai dire je n'avais pas été très motivé pour le moment, je venais probablement de dépasser la limite de leur patience. Je menais mes recherches calmement, pour pas dire que je ne cherchais pas réellement. La rentrée avait pas encore commencé, je voulais attendre de vaguer dans les couloirs du lycée avant de démarrer, mais non, les jeunes sortaient, faisaient la fête, et toute la panoplie du vice. Aspect inexistant dans mon vécu mais pas dans mon esprit. Je n'avais que trop lu et vu de soirée un peu partout. Mais voilà que mon tour se préparait lentement à arriver, je le savais bien, je n'y couperais pas. Je m'asseyais donc sur mon lit, me creusant les méninges pour trouver les divers moyens que j'avais à ma disposition pour rencontrer le plus de monde. Mais c'est bien sûr !

La solution trouvée, je m'adossais contre mon mur. Cigarette en bouche je chopais mon ordinateur qui traînait non loin de ma position. Comme toujours. Je relâchais délicatement la fumée d'entre mes lèvres attendant sagement qu'il s'allume. Préparant mon affiche je maîtrisais déjà les techniques avancées de codage, de graphisme et même de mise en page des professionnels. C'était des choses bien trop simples pour mon don, il enregistrait uniquement ma lecture, et il me restait plus qu'à y réfléchir pour savoir. La quête d'une connaissance semblait si amusante autrefois. Et c'est alors qu'à la fin de mon tube cancérigène qu'elle était là, devant mes yeux, fraîchement prête pour l'imprimerie. Oui, tout ça juste pour ma demande de colocation. J'essayais d'attirer un maximum de monde, mon loft était grand, spacieux, luxueux, et le prix que j'en demandais pour le partage du loyer était dérisoire. J'avais tout de prépayé, j'avais des ressources presque inépuisable, le gouvernement qui m'engageait devait avoir une sacrée envie de tous ces dons. On dira que c'était le seul avantage de cette position, avec la chance de pouvoir me tirer de tout ça. Enfin bref, ma demande trouvera forcément un grand nombre de personne. Je la postais sur les réseaux sociaux, puis dehors, puis un peu partout où je pouvais en fait. Très vite les demandes arrivèrent. Je triais les gens selon leurs utilités pour moi. Virant les personnes trop âgés, je commencerais par les plus jeunes, c'était plus simple. Je répondais au téléphone et enchaînant les rendez-vous je ne trouvais personne qui semblait vraiment efficace. Je savais qu'ils jouaient, tous, qu'ils se mettaient un maximum en valeur. C'était tellement évident, tellement chiant, tellement décevant. Sauf elle.

Recevant un appel un peu après avoir commencé à désespérer, j'acceptais de la recevoir au loft pour la future colocation. C'était une idée brillante qui se retrouvait pas si satisfaisante. Elle sonna, j'avais en main les papiers du loft, j'étais simple, les lieux étaient normaux, j'y croyais pas. Mardy, voilà comment elle se prénommait. Je me présentais aussi, on discuta de l'appartement, des grandes lignes de ce que nous faisions. Et je fus assez conquis par le fait qu'elle soit au lycée, qu'elle connaisse par conséquent un peu de monde à Birdsall, elle avait un métier à côté, ce qui offrait de plus amples rencontres. Tout semblait presque trop bien, j'acceptais, elle aussi, et voilà, ce fut aussi simple que ça. Une colocataire choisit si techniquement, et aujourd'hui, tout semble si compliqué, si mauvais, si bien aussi, si étrange. Bordel, quelle idée de merde !

** Ellipse temporelle t'entends ! **


Le sac en bandoulière sur mon épaule, la clope au bec, marchant avec de la musique je rentre chez moi après les cours. Mon téléphone affiche un message de Mardy, ma première relation sociale à Birdsall, ma colocataire depuis plusieurs semaines. Elle avait eut la tâche difficile de m'initier au monde de la nuit en quelque sorte. Elle avait été mon premier pas dans l'intégration, et je passais la plupart de mon temps avec elle, tellement, que je découvrais sans réellement le savoir ce qu'était un lien social. Enfin je veux dire, outre sa définition, sa traduction en plusieurs langues et son étymologie. Bref, je recevais un message m'indiquant de me préparer pour la rejoindre à une soirée ce soir, une fête chez on ne savait qui une nouvelle fois. C'était souvent comme ça, la rumeur d'une fête se propageait et pleins de monde se retrouvait à cet endroit, chez un lycéen pour boire, fumer et, disons le honnêtement, baiser. C'était tout un concept que je découvrais, plaisant malgré les lendemains difficiles dira-t-on. Je rentrais plus tard que Mardy, j'eus tout de même le temps de me laver, puis de m'habiller. Un t-shirt noir basique, un jean foncé, des chaussures montantes et un pull ouvert stylisé, non pas over mais ouvert, en laine. Je prenais aussi mon herbe, qui était devenue quotidienne pour moi, avant de partir. Prêt, j'y allais, enfin.

La musique dans les oreilles je prenais le bus. Des gens de mon âge semblaient aller à cette fête aussi. On sentait déjà l'alcool à plusieurs mètres d'eux. On descendait en même temps et déjà à quelques maisons la musique retentissait. Je marchais lentement alors que les trois personnes avec moi dans le bus semblaient plus hâtifs. Courant j'aurais pas à appeler Mardy pour lui demander où je devais aller. Je connaissais l'endroit, j'avais fais mes repérages de quelques coins de la ville, il en faisait partie. Je marchais donc en direction de la musique et des dératés qui couraient. Fumant une clope, je pénétrais enfin dans la maison recevant la fête. Des yeux débarquèrent sur moi alors que la beuverie débutait. Je faisais le tour d'un regard, cherchant des connaissances. Aucune à l'horizon, je visitais l'endroit, essayant de tomber sur Mardy. Je la prévenais de ma présence, on se croisa quelque fois, on partagea même un joint. Outre ça, je parlais un peu avec des gens. Je gardais un œil partout, buvant peu, ces soirées étaient l'occasion pour moi de découvrir les secrets de chacun. Et je m'y employais, on pouvait être surpris des révélations sous l'alcool, je jouais avec ça. Sans succès mais j'apprenais à être prudent. Les heures défilaient, je discutais quand un bras m'attrapa. Je détournais le regard, entendant une voix que je reconnaissais. D'un soupir amusé je suivais la force qui m'entraînait vers la sortie. Sans prendre le temps de couper court et de prendre congé auprès de mon ancienne interlocutrice, on s'enfuyait.

Hors de la masse saoule, je me remettais droit, libéré de l'étreinte autour de mon bras. Mardy. La jeune blonde me sourit, et décida de rentrer. J'étais effectivement sur la liste des personnes accompagnatrice que je le voulais ou non. Mais j'en riais, et c'était mieux avec Mardy de toute manière qu'avec les autres personnes que j'avais rencontré. J'avais un grand manque d'intérêt pour tout ça, avec elle j'avais la sensation que je voulais depuis toujours. Je la regardais et malgré tout ce qui me torture l'esprit j'avais envie de vivre de rien, de vivre simplement, de ressentir toute ces choses. Je ne voulais pas de mon passé, je ne voulais pas de mon avenir, et encore moins de mon présent. Je voulais simplement retracer ma route, et je ne savais pas pour quelles raisons, mais Mardy m'aidait à étendre cette voie. Ma réflexion fut coupée par un réflexe. J'attrapais le briquet qu'elle venait de me lancer, prenant également la cigarette qu'elle me tendait. Mais avant que je ne l'allume, elle s'arrêta et enleva ses talons. Je riais doucement. Mardy était une jolie fille, elle semblait avoir du vécu bien qu'on n'ait pas vraiment discuté de tout ça, elle avait cet air sauvage et libre qui lui allait bien. La jeune demoiselle vivait comme elle le pouvait et c'était plutôt remarquable. Admiratif d'une part, j'étais bien trop égocentrique pour vraiment lui dire ou lui faire comprendre. J'étais plutôt ce genre de personne sombre, impulsive et arrogante. Elle brisa le silence, et entama la conversation.


« Non. Et toi ? »


Lâchant un soupir rieur sur ma réponse négative je me revoyais parler avec ces pauvres jeunes manquant grandement d'intérêt. Ils étaient tous banals, ils buvaient plus qu'ils ne devaient et, titubant, ils s'écrasaient lamentablement à terre telle une épave. Le peu de gars légèrement éméchés pour rester capable de niquer te parlant de sa propre personne, ou encore de leurs problèmes d'existences qui n'intéressent que les filles bourrées et naïves. Et pour les filles pompettes, elles t'allumaient ou bien t'évitaient, cherchant un quelconque intérêt. Et moi, au milieu de cette masse stéréotypée, ne repérant pas les bonnes personnes, je n'étais pas à ma place, jamais. L'air frais faisait du bien à mes yeux fragilisés par l'herbe. Allumant la clope et tirant dessus, je regardais le ciel, marchant doucement aux côté de Mardy. La tête en l'air, ne la laissant presque pas le temps de répondre, je soufflais une question.

« Tu penses qu'il existe des gens exceptionnels ? »


Une question basique reflétant ma déception sur le rapport des bonnes rencontres. Rebaissant la tête, n'attendant pas réellement de réponse, je me trouvais presque risible. Je laissais la rhétorique s'installer, fumant, marchant, béat.
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MessageSujet: Re: We are so fucked up, you & I. Pv. Sebastian   Dim 10 Mar - 13:17

"Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître l’heure de notre mort; fuis les calculs pervers de Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre que Jovis te concède encor d’autres hivers, qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque, sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque s’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain."
Doute.


Je marchais en regardant les étoiles. A Londres, on ne pouvait pas voir les étoiles. Ici, la pollution était inexistante. Elles se réfugiaient ici les étoiles, elles brillaient pour nos yeux et pour nos âmes. Elles ont fuit Londres comme je l'ai fait et elles ont eu raison. « Une soirée de merde. » Répondais-je à sa question. Au moins, ça n'aura pas été de ma faute. Tout le monde parlait de cette soirée depuis longtemps, peut-être ont-ils oubliés le goût de l'ivresse. Peut-être ne l'ont t-ils jamais connu. En tout cas l'ivresse avait été absente de cette soirée. Sebastian posa sa deuxième question. Presque involontairement, il rendit l'ambiance un peu plus lourde, comme si soudainement, on avait foutu du plomb dans l'air. Je baissais la tête sous la pression de la gravité pour suivre la ligne des dalles sous mes pieds. Je faisais le funambule sur cette ligne imaginaire, m'aidant de mes bras pour ne pas tomber, sans sourire, sans réagir. J'espérais qu'il ne voyait pas à quel point sa question m'avait rendu anxieuse. C'est le problème lorsqu'on cache un secret à quelqu'un. On ne sait jamais vraiment de quoi il parle, on ne sait jamais vraiment si cette personne l'a un jour découvert. On doute, on a peur, on se demande de quoi elle parle. Et ce n'était pas la première fois qu'il me faisait le coup. Je souris légèrement. En même temps, j'avais envie de lui dire, j'avais envie de lui faire confiance. De tout lui avouer et puis d'oublier parce que c'est comme ça que ça fonctionne.
Mais je me voyais mal annoncer comme ça « Hé, Seb, tu sais que les sorciers comme dans Harry Potter, ça existe ? »

Non.
Certainement pas.
Je sautais à pied joint sur la dalle devant moi pour briser ce fil imaginaire sur lequel je tenais en équilibre depuis quelques secondes et je vins prendre le bras de Sebastian. Je posais ma tête sur son épaule pour sentir son odeur, imprimer son parfum. Le loft en était imprégné, de cette odeur. De la mienne aussi sans doute mais tout le monde sait bien qu'on ne sent pas sa propre odeur.

Je souris un peu plus. Je sais qu'il n'aimait pas ça, le glaçon auquel j'étais collé. Je sais qu'il préférait faire le chieur, rester distant et lointain mais moi, je n'allais pas arrêter d'être moi-même pour lui faire plaisir. Et j'aimais bien, l'avoir près de moi.

J'avais besoin de lui, là.
Et que ferais-je s'il partait? Comme d'habitude, je me relèverais. Je n'ai besoin de personne pour vivre, foutaises. Ce gars sarcastique, impoli, froid, presque méchant... Moi je l'aimais bien et ce depuis la première rencontre. Je n'avais pas envie qu'il change, j'avais envie qu'il reste ce même gars cynique et dépourvu de coeur - du moins, ce que je pensais.
Je ne savais même pas s'il m'appréciait réellement, sans doute un peu pour me supporter comme ça. Et puis j'arrivais souvent à lire entre les lignes de ce garçon. Son coeur n'était pas fait que de pierre. Je le lâchais un peu pour marquer une distance entre nous, relevant la tête pour observer les habitations qui défilaient. « Toi t'es exceptionnel mon vieux. » Mais déjà la fin de ma phrase rejoignait mon esprit, ailleurs. Devant les maisons, il y avait un jardin. Des jardins anglais, des maisons anglais avec des grilles noirs anglaise. Comme à Londres. Et chaque porte peinte d'une couleur différente, qu'elles étaient laide, ces portes, mal peintes, vieilles. Mais dans chaque jardin se trouvaient des bourgeons. Les bourgeons, surtout ceux des premiers rayons de soleil, j'ai toujours trouvé ça kitsch. Mais là ça rendait les maisons, toutes identiques, moins glauque.
Je lâchais cette fois complètement Seb pour m'approcher des barreaux. Je ramassais un bâton pour taper dessus sans quitter des yeux les jardins. Je devais peut-être encore un peu bourrée. « Ils ont de l'argent, ces gens là. » murmurais-je, presque à moi-même.

Puis d'une maison à l'autre, les jardins s'agrandissaient. Je m'arrêtais devant un jardin avec une piscine qui était allumée, faisant briller l'eau clair, au coeur de la nuit. Je souris. Je pris la main de Sebastian pour l'entraîner près des grilles et je posais mes deux mains sur les barreaux. Puis d'un élan, je sautais de l'autre côté de la grille. Je me retournais vers Sebastian. « Viens avec moi, s'il te plait. » soufflais-je. Ce n'était pas une question. Ce n'était même pas une requête. C'était un appel. Allez viens, on va faire les cons. Viens, on va rigoler toi et moi, on va oublier la loi et on s'en souviendra toute notre vie de ce moment-là, quoiqu'il arrive. On s'oubliera jamais, on va graver ça dans nos mémoires, viens s'il te plait.

Je fis volte-face et je marchais lentement, pieds nus dans l'herbe, jusqu'à la piscine. Je sentais déjà des gouttes d'eau sur ma peau. Non, ce n'était que la pluie qui tombait lentement, cachant nos bruits et nos silences. C'était parfait quoique Seb risquait d'attraper la crève. J'enlevais lentement ma chemise en gardant un œil sur les fenêtres de la maison endormie. Puis je fis glisser mon short le long de mes jambes avant de m’asseoir sur le rebord de la piscine. Janvier, elle devait être à -5, l'eau. Mais avant que Sebastian ne me rejoigne, je rendais l'eau de la piscine un peu plus chaude, quelque chose d'agréable sans être non plus déraisonnable, tiède. Je plongeais dedans en faisant attention à ne pas faire de mouvements brusque de peur de réveiller les habitants. Quelle chance, d'avoir une piscine. Je passais ma tête sous l'eau en gardant les yeux ouverts. Le monde était déformé, les sons, les couleurs. C'était un monde parallèle sous l'eau. Mais je remontais vite à la surface. J'avais peur de l'eau. Souvenons nous de ce jour où j'ai failli me noyer, que j'ai perdue ma mémoire.
Génial, génial comme souvenir.
Depuis, l'eau restait assez hostile quoi qu'agréable. Je nageais un peu, soufflant, essayant d'oublier les images de moi me débattant dans l'eau glacée du lac de Rédemption. Je gardais les yeux sur Sebastian, il fallait que je ne le perdre pas des yeux pour ne pas avoir peur. Je souris, la bouche fermée pour ne pas laisser entrer de l'eau et puis je re-glissais la tête sous l'eau plusieurs fois, les yeux fermés pour ne pas voir le monde parallèle dans lequel je coulais à chaque fois. Le monde était notre.
C'était marrant quoique dangereux cette connerie. Ma stupidité égalait mon impulsivité. Rentrer dans une propriété privée pour plonger dans un liquide de cauchemar, quelle conne. Néanmoins, je rigolais silencieusement. J'étais heureuse. Et faire des conneries, c'était bien lorsque Sebastian était là avec moi. J'avais oublié que l'eau de la piscine tenait qu'à moi, qu'il ne fallait pas que je sorte avant lui sinon il risquait de mourir d'hydrocution. Mais peu importe. J'oubliais tout à cet instant, ma peur, mon pouvoir, Liam. Tout ce qui rendait ma vie plus ou moins unique, je profitais de l'instant comme un mauvais Carpe Diem et je rendais ma jeunesse un peu plus agréable chaque seconde.
made by pandora.

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MessageSujet: Re: We are so fucked up, you & I. Pv. Sebastian   Dim 17 Mar - 15:51

† I don't know why.

Il ne m'était pas commun d'être heureux. Fâché depuis longtemps avec la joie et la bonne humeur, je m'efforçais de cacher les scarifications du temps avec des sourires joués. Froid, arrogant, hautain, orgueilleux, rien de tel que le mépris des autres pour se croire à sa place. Il m'était facile de me poser en supériorité, trop facile même. Je connaissais tout, savais tout, bien qu'agréable au début j'étais las de cette connaissance. Trop intelligent pour être bête, je ne voulais vivre qu'en tant qu'imbécile heureux déambulant dans les méandres de l'apprentissage. Mais il m'était impossible d'oublier. Je stockais tout comme une base de donnée, pouvant me vanter de savoir exercer toutes les choses que le commun des gens passent leurs vies dessus. Je connaissais mieux que tout le monde, j'étais le meilleur, et c'était presque indéniable. J'avais appris les sentiments avant même de pouvoir les ressentir, je pouvais être fier de réciter un livre que j'avais lu il y a encore des années de ça, c'était ce don qui me construisait, c'était mon unique raison de vivre. Sans lui je serais probablement en train de pourrir à Londres, dans cette secte exécrable qui me tenait encore et probablement pour toujours. J'étais cet être malheureux d'être premier, modestie désabusée et amochée par l'évidence d'une domination. Je savais qu'il existait d'autres gens comme moi, des personnes avec un don, certaines pouvant faire des choses incroyable, tandis que moi je subissais le contrecoup d'un pouvoir soi disant unique. Je détestais vivre mais je ne pouvais mourir, coincé entre deux dimensions comme si je n'avais pas ma place dans aucunes des deux parties de l'existence. Sûrement déjà mort, il n'y avait pour le moment qu'une personne qui me faisait oublier cet élan de morosité. Un sentiment sordide, sortit de nul part, ne pouvant vraiment le qualifier, je vivais uniquement l'instant. Ce moment là où on se rencontre qu'il nous est impossible de réfuter ce que nous sommes : des êtres humains.

Mardy Bum. Une appellation qui tord mon ventre d'émotions. Elle m'avait tendue une main, et sans le savoir, je m'étais lancé dans son univers. M'attachant à cette petite blonde aux grands yeux, je ne me rendais même pas compte qu'elle importait plus que le reste de mon errance. Nous étions là, et ça suffisait. Le besoin de l'avoir près de moi juste pour sentir le vent frais d'une liberté inconcevable. Son honnêteté, sa fougue, ses mimiques, ses cheveux, cette incroyable capacité d'afficher un sourire malgré les coups, ses yeux, son impulsivité naïve, sa présence chaleureuse et rassurante. Mon premier lien social, ma première rencontre, mon attachement particulier à elle qui savait tout faire pour me surprendre encore et encore, elle qui me redonnait la sensation de ne pas connaître quelque chose, elle qui m'avait extirper de ma condition. Je l'avais d'ailleurs suivi à cette fête, cette débauche plus pitoyable qu'autre chose. Elle devait vouloir voir du monde, ou autre, j'en savais rien. Pour une fois. Quoiqu'il en était nous avions tous les deux passé une soirée de merde. Tandis que je soupirais un non blasé, soufflant un amusement, elle aussi marqua sa réponse d'une honnêteté déconcertante. C'était une chose appréciable, ne jamais se préoccuper de l'avis général ou encore de garder une franchise tranchante. C'était quelque chose qui manquait dans cette humanité en perdition.

Je regardais Mardy jouer sur les dalles. Souriant face à ces enfantillages innocents dont je ne savais pas prendre goût. J'aurais aimé avoir son insouciance, parfois je me dis que je réfléchis trop. J'affichais tout le temps cet air hautain et sérieux qui me laisserait des rides dans une vingtaine d'années. Dans mes pensées, il m'était difficile de faire le vide avec l'énormité des informations que je gardais en tête. Je ne savais pas agir d'un coup, sous l'impulsion de quelque chose, j'avais une mémoire exceptionnelle mais pas les couilles d'en faire vraiment quelque chose. Je suivais les ordres de la secte qui m'avait tout inculquée. Je les savais odieux, dangereux et puissant, mais je me retrouvais obligé de suivre leur bon vouloir, je ne connaissais que ça du monde extérieur. Sortit de mon environnement naturel qui était une pièce souterraine depuis quelques mois je ne m'étais pas encore habitué à ces choses soi disant acquises dans la vie de tous les jours. Mardy vint se coller à mon bras, posant sa tête sur mon épaule. Touché mais mal à l'aise, elle connaissait ma réticence et ma distance. J'étais ainsi, sans le vouloir réellement, le social était quelque chose que je connaissais dans la théorie, toute la pratique était en expérimentation. Je ne savais pas m'y prendre, pas quoi faire, pas comment réagir. Du coup, je ne fis rien, nous poursuivions notre route du retour, fumant notre clope.

Elle me qualifia d'exceptionnel. Je soupirais un sourire modeste masquant une flatterie reçue les bras grands ouverts par mon ego. Elle relâcha mon bras, s'amusant toujours à regarder les jardins des gens. Moi, j'écrasais mon mégot au sol avant de laisser mes yeux voyager au sein des étoiles. La tête en l'air, je déambulais. Même les étoiles perdaient de leur beauté lorsqu'on reconnaissait toutes les constellations. Je fus alerté par le bras de Mardy. Laissant quelques instants mes yeux en l'air avant de lui répondre, elle me tirait vers elle, tournant la tête, je la voyais escalader la barrière de la propriété. Elle me pria de la suivre, je ne pouvais de toute manière la laisser seule. Alors que je montais la barrière, j'avais les textes de lois de ces infractions qui voyageaient dans mon esprit. Arrivant après elle, je pus la regarder relever sa tête de l'eau. Une grande question vint vers moi, est-ce que je savais nager ? La théorie n'était pas un problème, le reste était beaucoup plus effrayant. Je ne pouvais expliquer que je ne savais pas nager à mon âge. Oui, je ne pouvais avouer avoir un secret pour elle, et encore moins revenir sur ces années horrible qui avaient succédé ce moment précis. Pour ne pas paraître trop rabat-joie, j'ôtais mes chaussures, chaussettes, relevant mon jean, je m'asseyais au bord de la piscine, tiède. L'eau était tiède, c'était sûrement des gens plus riches encore pour réchauffer leur piscine même quand ils l'utilisaient pas. Oui, c'est vraiment ma conclusion.


« Il nous en faudrait une. »


Envieux d'apprendre ces petites choses que je ne connaissais pas, je pourrais facilement en obtenir une. Mais la crédibilité de l'étudiant qui recherchait il y a quelques mois un colocataire pour son immense loft tombait à l'eau, justement. Je m'allumais une clope en retirant mes jambes de la piscine, montant sur la terrasse qui surplombait l'immense jardin, je visitais. Oubliant totalement que je n'étais pas chez moi, je me laissais prendre au goût du risque. C'était le moment ou jamais à vrai dire. Allant de droite à gauche, je tombais sur un bar, ouvert comme s'ils ne craignaient rien hormis la fougueuse jeunesse en décadence, je fouillais pour voir s'il y avait quelque chose d'utilisable. Par chance, je tombais sur quelques perles, je sortis donc quelques bouteilles d'alcool, et deux verres. Bonne trouvaille, je me disais que la fin de soirée pouvait rattraper son mauvais début. Clope au bec, les mains pleines, je retournais au bord de la piscine, posant les deux verres, attendant le choix de la petite blonde. Optant pour le whisky, je fumais paisiblement, laissant mon regard plongé dans le reflet de l'eau. Pourquoi suis-je si différent quand tu es là ?

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