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 « Nous n’éprouverons jamais d’autre plénitude que celle du vide,» [PV: Mardy Bum]

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MessageSujet: « Nous n’éprouverons jamais d’autre plénitude que celle du vide,» [PV: Mardy Bum]   Mar 5 Mar - 21:00


«, et l’amour qui nous dépouille de tout est celui qui nous prodigue le plus. »




Encore l’un de ces crépuscules d’automne. L’horizon, orangée, presque brune, caresse le gris des rails. Et le sol, et le quai. Un peu plus haut, l’azur chasse les nuages de la journée. « Laissez-place à la Lune. », qu’il chuchote.
Liam suit la ferraille du regard. Les lignes d’un chemin tracé, déjà définit du début à la fin. Sans changement, sans hasard, sans rien qui ne l’arrête, jamais. Il est voué au même circuit, indéfiniment, et tant qu’il y aura des trains.
Il soupire, naïvement triste pour ces rails sans conscience de leur misère. Sa main ramène le tube de cancer incandescent à ses lèvres. Il inspire, assit sur le béton, les jambes pendant dans un vide approximatif au-delà du quai. Il est ironiquement placé juste sur la ligne jaune qui indique le danger, et ses pieds frappent la mesure d’un geste nerveux.

Le vent lui glisse sur les clavicules, agitant sa chemise ouverte sur un marcel noir, et s’infiltre dans les trous béants de son jean trop grand. Il ne porte pas son fidèle chapeau. Les anneaux tintent à ses oreilles alors qu’il relève la tête et se redresse un peu, comme s’il s’étirait, lentement sorti de sa torpeur.
Comment décrire l’état dans lequel il se sent ? Les choses ont l’air d’aller, oui, et elles vont, très bien même, merci. Ah. La foire, Zaël, tout ces gens. Chaque soir, Liam avait droit à un bain de bonheur et de chaleur, cependant il lui semblait être exceptionnellement froid dedans, depuis quelques mois. Non, même pas froid. Pas chaud, non plus. Mais pas tiède. Ca n’a rien d’agréable, ni de désagréable. Un genre de joie morose qui lui fait penser à un bouquet de fleurs fanées. C’est beau, mais c’est mort. Ca sent toujours bon, mais c’est mort.
Alors c’est peut-être un peu ça. Liam est là, mais il est mort.
A bien y réfléchir, il s’était toujours senti comme ça ; vide. Alors il ne devrait pas y avoir de problème ?
Seulement, il y en avait un, et il s’appelait Mardy Bum. On ne désire que ce dont on connait l’existence, n’est-ce pas ? Le reste, on s’en fiche. Liam se foutait de tout, jusqu’à elle. Elle avait rempli un truc inexplicable, bien au-dessus de la physique et des mathématiques, et bien au-dessus des mots.
Putain de junkie blonde, avec ces grands yeux, là. Liam la haïssait pour ça mais ne pouvait s’empêcher, à la fois, de la bénir et de se trouver reconnaissant, mille fois redevable.

Il jette le mégot, se frotte le visage, repose ses yeux sur un ciel qui s’assombrit. La température commence à baisser et lui arrache un frisson. Il se retourne alors, s’apprêtant à la voir sortir de nulle-part, juste parce que la température de son corps avait manifesté un changement ; imbécile.
Voilà un moment qu’elle n’a pas reparu. Peut-être qu’elle a disparu de la surface de la Terre ? Peut-être qu’elle a fini par réussir à retourner sur sa planète ? Peut-être, peut-être, peut-être, qui sait ? Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucune raison qu’elle se montre maintenant. Voilà.


C’est ce qui arrive, quand on tombe amoureux des ballerines. Elles finissent par ne plus tourner pour nous. C’est ce que Liam s’entêtait à se dire. Pourtant, il croyait au fond que ce n’était pas le cas. Il croyait que Mardy continuait à penser à lui, nuit et jour, sinon il n’y penserait pas autant. Pourtant, il n’en parlait pas, jamais. C’est à peine s’il voulait être lucide quant à cet espoir stupide ; à bien y réfléchir, il ne voulait pas.
Depuis que la foire est à nouveau fonctionnelle, il ne l’a pas croisée. Pas appelée, rien. Parce qu’elle a fui, parce qu’elle a eu peur, et que si c’est lui le grand méchant loup, il ne vaut mieux pas qu’il aille se planquer sous ses draps en l’attente d’une discussion, n’est-ce pas ?

Alors, Liam attrape le téléphone portable dans sa poche. Il déverrouille le clavier, et comme d’habitude il n’y a pas de nouveau message. Dans la boîte d’envoi, une bonne vingtaine de brouillons qui n’atteindront pas leur destinataire.

« Mardy »
T’as oublié un truc, quand es|
« Mardy »
J’sais plus trop, j’comprend |
« Mardy »
Et puis merde, princesse.

Il soupire, passe une main dans ses cheveux courts, et tape, sans une once ni d’anticipation ni de rien :

« T’es ou ? »

Envoyer. Ouais. Sans l’accent sur le u, parce qu’il s’en fout, parce qu’elle ne lira pas, parce qu’elle ne répondra même pas.
Liam enfouit l’appareil dans sa poche, regarde les rails encore une fois, et se dit qu’au moins eux, ils ne dépendent de rien d’autre que des métaux qui les ont forgés.
Il se laisse choir, doucement, vers l’arrière, collant son dos au béton froid, et posant sa tête sur l’un de ses bras repliés, les yeux dans le vague.
Les rares passants doivent se demander ce qu’il fait là. En même temps, peu de gens passent, parce qu’aujourd’hui il y a eu interruption du trafic dans la journée. Pourquoi ? On n’en sait rien. Enfin, Liam n’en sait rien. Et on s’en fout, non ?
Parce que, c’est comme ça. C’est tout.

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MessageSujet: Re: « Nous n’éprouverons jamais d’autre plénitude que celle du vide,» [PV: Mardy Bum]   Mer 6 Mar - 1:24

" et l'amour qui nous dépouille de tout est celui qui nous prodige le plus. C'est dans cette lumière que je vous aime. La force qui m'en vient est immense. On dirait une faiblesse, une fièvre, un tourment."
mon aiguilleur,


Spoiler:
 

Le monde avait arrêté de tourner, je me dis.
Le monde avait arrêté un jour, mais je ne sais pas depuis quand. Ni pourquoi. Pourquoi, parce qu'il en avait envie, et puis c'est tout.
C'est bête, je me dis, le monde ne peut pas s'arrêter de tourner. Mais je le sentais jusque dans ma chair, ce monde. Il avait prit une pause, il était essoufflé. Moi aussi.

Assise par terre les pieds en l'air, je me retrouvais sous le pont. J'étais sortie. Et je m'étais retrouvée là. Ici-bas, sous un pont en brique rouge taguée de toute part. En haut à droite du pont, en blanc crème, il y avait une lune. Une lune qui souriait, une lune sous le pont, sur le mur de brique. Cette lune de peinture pour tous les gens qui vivaient ici. Moi je l'aimais pas cette lune. Une lune de brique, je me dis, c'est jamais bon, c'est trop lourd pour la terre. C'est peut-être pour ça que la terre avait arrêté de tourner. Le ciel était déjà assez lourd, si en plus on rajoutait une lune de briques rouges...

Je tirais encore sur ma cigarette. Je la posais entres mes lèvres. C'était une douce passion, une envie. J'avais pas envie d'arrêter finalement. J'avais envie de ruiner mon salaire dans de la nicotine et du cannabis.

Mais je crache sur le monde. Je fixais la lune boudeuse et je lui disais « va-t-en! » pour qu'elle s'en aille. Mais jamais elle ne s'en irait. Lune au coeur de pierre, trop lourd, trop lourd ton coeur, pour la terre !

Mes pieds reflétaient sur le ruisseau qui coulait. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, disait-on mais moi j'ai dormi sous ce pont et je peux vous dire, l'eau, c'est toujours la même ! Rien n'a changé finalement, les pensées tournent encore en rond. Elles passent et repassent sous ce foutu pont, sous cette foutu lune, sous ce foutu monde.
Ce monde qui a arrêté de tourné. Égoïste, le monde ! Tourne un peu pour voir.
Voilà que je menaçais le monde maintenant.

Je parle brique parce que c'est ce que je fixais. Si j'avais vu flamme, j'aurais parlé soleil. Au fond, ce que je dis, c'est pour passer le temps. Ça n'a aucune importance, je m'en fiche moi, que la terre arrête de tourner. Et même qu'elle pourrait repartir que je m'en ficherais toujours autant ! C'est pour me planquer un peu. De tout et de n'importe quoi mais surtout des sentiments. Et les sentiments, c'est pas n'importe quoi. C'est plus lourd qu'une lune de brique au coeur de pierre. C'est plus lourd que la terre, le ciel et la lune réunis ! Surtout celui planqué sous mon coeur.

Planquer, planquer... Je le répète ce mot, et je me dis « Froussarde ! » Mais j'ai peur de quoi, je me demande. Du bonheur ?
Froussarde, crie le monde.
Froussarde, crie la lune.
La ferme, je réponds.
Au fond, pourquoi j'arrêterais la drogue ? C'est vrai ça, elle au moins elle comprend un peu. Pourquoi je suis si triste. Et pourquoi j'ai si peur. Pourquoi je me planque aussi.

C'est con. C'est con les gens. Eux, ils pensent que les sentiments empêchent de vivre. Moi, je pense qu'on peut pas vivre sans eux. Mais c'est la définition de vivre qui est foireuse entre nous. Entre les gens et moi. Et les gens, moi, je m'en fous.

La vie est donc si terrible?
La vie, mais la vie c'est quoi ? La vie c'est rien sans toi. Et moi, ma vie, elle imite un peu le monde. Elle arrête de tourner dès que tu n'es plus là. C'est con. C'est vraiment con la vie. Moins que le monde parce que le vide que je ressens en moi, il est bien plus lourd qu'une simple lune de brique. Et avant, j'avais pas ce vide. Avant j'avais rien. C'est toi, toi qui me l'a mis ce vide. Tu me l'as mis dans moi et il ne veut pas sortir, seulement quand il te voit. Et quand il te voit, je souris. Je souris si fort que j'en ai mal aux oreilles, j'ai peur de les déchirer en deux par mon sourire ! Je ne peux pas m'en empêcher. Ça doit être ça l'amour, du vide pendant l'absence. Et ça me déchire un peu plus que les oreilles, ton absence. Enfin la mienne.

Le monde s'arrête de tourner, je me dis. Je le sens. A moins que ce ne soit que le vent. Mais le vent s'arrête aussi, quand la terre arrête de pivoter ainsi.
Et j'ai mal, je pense. J'ai mal que le monde s'arrête. Avant, quand j'avais pas vu que le monde était en pause, j'avais encore de l'espoir pour ma vie ! Maintenant je sais que je ne vis plus. Et pour retrouver ma vie, je sais ce que je dois te dire ! Mais je ne trouve pas les mots. Alors je me tais dans l'absence du corps et de l'esprit. J'espère que tu m'oublies.

C'est hypocrite de dire ça, je me dis. C'est hypocrite parce que j'espère pas ça du tout. J'espère que tu penses à moi, que je te manque et que des fois tu regardes le ciel et tu penses « J'avais besoin de toi. » Et des fois en réfléchissant bien, je pense que tu le penses. Mais après, je me pose des questions. Ça doit être ça l'amour, des questions. "j'avais", est-ce que j'avais ça veut dire que c'est fini ? Je me demande. Est-ce que c'est pour la vie ou est-ce que c'est révolu ? Je me demande aussi si t'avais besoin de moi comme un coeur pour vivre ou comme une fourchette pour manger. Je me demande tout ça alors qu'en fait, tu t'es jamais dit ça, que t'avais besoin de moi. C'est seulement le vent qui me soufflait que tu l'avais pensé, dans l'un de mes rêves. Et ça me dégoûte, d'écouter le vent, mais je dois avouer qu'il dit un sacré ramassis de conneries.

Oh, je vibre. Je regarde pas. Je sais qui c'est. C'est mon patron pour me demander où sont passés les bières. Elles sont là, dans mon frigo, chez moi ! Mais je ne pouvais pas lui dire ça. Ou alors c'était Sebastian, pour demander l'adresse du lieu de ce soir. Mais ce soir je viendrais pas, j'aime mieux écouter le vent que les basses d'une radio bon marché. Une seconde, je pense, si je jette mon portable dans l'eau, il ira mieux. Et moi aussi. Une seconde et puis je me lève. J'arrête mes conneries, ça coûte cher une merde pareille. Et si je veux rembourser le patron, il faudrait que je la revende, ma cabine téléphonique de poche !

Je marchais le long de l'eau, lentement. J'espérais qu'elle m'attrape et qu'elle me jette ailleurs. Au monde imaginaire, avec un petit roux du style Peter Pan et un pirate avec la moustache de Dali. Ou dans un endroit géré par une vieille sorcière voleuse de prénoms et un garçon-dragon de mon âge qui m'aiderait à m'en souvenir. N'importe où pourvu que la terre tourne à nouveau. Mais bordel, je le savais au fond de moi; Ni Peter, ni Haku ne vaudrait la peine. Ils m'aideraient à rien si ce n'est à regretter ce monde quand il tournait... Oui, à te regretter toi, mais je trouvais la métaphore plus jolie.

Je sortais mon portable pour lire le sms. Quoique que c'était j'allais devoir de l'argent. Enfin je croyais. Je dû prendre mon courage à deux mains pour appuyer sur « menu-étoile ». Environ quatre tentatives en vain pour arriver à déverrouiller ce foutu téléphone. Je marchais encore. Au moins, je me dis, si la terre est arrêtée, je peux remonter le temps en marchant à contre-sens.





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Liam Hayden
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C'était toi. J'avais mit ton prénom et ton nom pour que ça fasse officiel, pour qu'aucun surnom ne me rappelle des souvenirs. Je suis con, je me dis, rien que ton prénom me rappelle des souvenirs.
J'appuyais sur ouvrir. Et à cet instant, la terre pivota. La secousse envahit tout mon corps, le téléphone tomba par terre et explosa en trois.
Je crois que je t'aime pour de vrai.




J'avais renvoyé le message le plus simple du monde. Celui que j’espérais le plus sincère et pourtant le plus égoïste.

Dans ta tête.

Je l'avais renvoyé une heure après avoir rallumé le téléphone. Le monde tournait toujours, je souriais encore. Mais le vide ne t'avait pas encore vu. Et moi j'avais froid.
J'ai pas froid mais c'est pour la métaphore, je me dis.
Rien qu'à m'entendre, je voulais pleurer. Qui je suis ? Je me dis. Qui je suis pour être heureuse ? Je ne sais même plus comment je m'appelle, et si ça vaut le coup de le savoir. Mais j'ai vu le dessin-animé, je vais te le rappeler, comment tu t'appelles, et puis on va descendre du ciel. Puis je vais te quitter mais t'en fais pas, tu me dis, je te reverrais, promis. Je vais haïr quand tu vas me dire ça. J'aurais peur mais pas plus que maintenant.

J'espère que tu vas comprendre entre les lignes. J'espère que tu vas comprendre que c'est moi et ce que je veux dire. Que c'est une hypothèse. J'viendrais pas. J'ai trop peur et puis je suis déjà venue, moi. Mais je t'attends. Comme on attend un train, moi j'attends l'aiguilleur. Et j'ai l'air con, d'attendre après une réponse aussi vague.
« Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre. »

Et je suis dans la gare. Et je chante. J'ai un peu l'air d'une clocharde comme ça, avec ma voix qui grésille comme un vieux lecteur vinyle. Et je chante des futilités, et la terre tourne. J'ai gagné quoi, pas grand-chose. Le bonheur merde, c'est déjà bien. Tout ça en le temps d'un sms. Le chapeau est presque vide et je m'en fiche. Les gens sont radins mais tant pis. J'emmerde les gens, j'emmerde la vie! Je fume même pas. J'ai pas besoin aujourd'hui. J'ai pas besoin d'être comprise par la drogue, je suis pas triste, tout ça à cause de toi! Mais j'ai le vide dans mon ventre et il s'entend un peu dans ma voix. Dans mes yeux aussi. Il résonne.
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MessageSujet: Re: « Nous n’éprouverons jamais d’autre plénitude que celle du vide,» [PV: Mardy Bum]   Sam 23 Mar - 1:05


"Toutes les histoires
commencent pareil.
Rien de nouveau, sous la Lune."



Liam est toujours étendu sur le quai. Il pense, il prie. Quel dieu ? Haha ! Aucun. Le destin, la chance, toutes ces notions purement aléatoires. Ouais. L’aléatoire. C’est sûrement ça qu’il prie. Parce que cette léthargie d’âme l’enlise, il sait et ça l’exaspère, au fond. Il sait pourquoi, il sait mais quoi ? Il a peur. Ce sentiment là, qu’il ne nomme pas. Qu’il ne veut pas nommer. Si je survole à ce point cette notion, ce n’est pas par hasard. Ca le fait flipper.

Il souffle la fumée d’une énième cigarette. Le crépuscule est presque éteint en faveur de la nuit ; et son téléphone vibre. Il prend l’appareil, d’un geste nonchalant qui veut dire : « j’aimerai, mais sûrement pas » et pose les yeux sur l’écran.

« Mardy Abigaïl Denis Bum »

Ouais, carrément, en entier, même que ça fait quatre lignes rien qu’à elle sur son petit portable miteux. Il peut pas s’empêcher de sourire comme un idiot. Ce sourire de gamin, qui étire ses lèvres tant qu’on jurerait que son visage est transformé par on ne sait quel charme de sorcellerie enfantine. Il appuie, et déchiffre les lettres, lentement, presque religieusement. C’était ça ; l’aléatoire avait dû répondre.

« Dans ta tête. »

Tout elle. Du Mardy à l’état pur. Une réponse qui tombe pile. Comme il aime les lire. Vague, ambitieuse. Volatile.
Il passe une main dans ses cheveux bruns et se redresse. Il hésite un moment, le regard perdu entre les lettres. Que répondre ? Rien. Qu’en attendre ? Rien non plus. Rien d’autre que ses pas qui s’envolent déjà depuis les ondes téléphoniques. Il range l’appareil au fond de sa poche et remet sur ses pieds son corps engourdi. Une heure était passée.
Etrangement, il pensait qu’il ne lui en faudrait pas plus ce soir. Et à la fois, il aurait tué pour qu’elle apparaisse avec son message, là, sur le quai. Paradoxal, comme toujours.
Liam soupire, traîne ses pas pour revenir au hall de la gare. Mais il s’arrête au coin du mur, silencieux. Son souffle ralentit ; une voix résonne. Doucement, un écho brisé mélodieux qui, au premier abord, ne lui rappelle personne. Mais les quelques mots qui se délient lui disent tout. Le fredonnement devient clair, et il est à elle. Un instant, il s’adosse dans l’embrasure, certain qu’elle ne l’aperçoit pas. Son sourire se redessine, il baisse la tête comme pour le cacher à la Lune qui voit tout. La Lune qui les berce, depuis le début, qui les enlace.

Il écoute. De longues minutes. Sans vraiment être sûr que c’est elle, sans vraiment être sûr que c’est réel. Sans vraiment la regarder, sans vraiment l’imaginer. Dans le flou le plus total, il laisse sa voix guider son flux de pensée trop rapide. Il pourrait trembler, sous l’envie d’apparaître et de l’embrasser.
Mais le forain préfère à cela l’un de ses petits tours qui requièrent maîtrise et précision. Lentement, il dissimule son corps sous l’illusion. Pas son ombre, pas sa voix, pas son odeur. Son corps, simplement, cette chair pesante et imposante, pour faire de la réalité quelque chose d’un peu plus magique.


Alors il avance, discrètement, doucement, vers la blonde seule au milieu de la gare. Il avance et il la regarde, il la dévore d’affection manquée. Elle chancelle, elle danse. Sa démarche habituelle de pseudo-débauchée aux pensées de poésie. Liam s’approche, délicatement, pas assez près pour la toucher, assez pour qu’elle le sente. Il perçoit le trouble voulu dans son regard et alors il caresse l’une de ses épaules trop nues pour la saison, laissant prendre la sensation illusoire de chaleur douce sur sa peau blanche.

Sa main remonte, l’un de ses doigts soulevant une mèche de cheveux. Il suit ses mouvements, toujours, sans la bloquer, la laissant libre de partir. Mais il avait cette intuition qu’elle ne partirait pas. Parce qu’elle l’avait reconnu, sans nul doute, le but était bien là.
Il glisse ses doigts le long de son cou, relevant son menton qu’il attrape délicatement pour capturer son visage, ses lèvres. Liam se penche, sans même hésiter, et l’embrasse. L’illusion qui le dissimule prend fin, parce qu’il le veut mais aussi parce que ce contact a tendance à faire réagir et agiter le reste de son monde, plutôt que de se concentrer pour agir selon ses ordres.
Il sourit, un instant, reculant à peine son visage du sien, avant de chercher son regard.

_C’est quand je ne te cherche plus que je finis par te trouver… Adorable tortionnaire.

Souffle-t-il, son éternel sourire taquin au visage, illuminé d’on ne sait quelle… Joie ?

"Bien sûr,
La Pluie et le Hasard,
La Nuit et les Guitares,
On peut y croire..."


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« Nous n’éprouverons jamais d’autre plénitude que celle du vide,» [PV: Mardy Bum]

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